Chalut !
Aujourd'..., raah... hmpgrf.. rakl !rakl! hugnontschévik! *s'ettoufe*.
Pff ! Pff ! *souffle*
Trop de poussières... trop de poussières ! Bon allez ma ,dernière rédac' de Français, même si le sujet est pourri j'ai testé un genre nouveau :
« -Et ça nous fait trois francs soixante quinze, s'écria le buraliste.
- Au revoir... » grogna-t-il de sa voix inintelligible.
Sa cartouche de Gauloises dans la poche, il s'élança aussitôt dans la rue. A cette heure tardive, il ne semblait pas y avoir grand monde, quelques amoureux enlacés, deux ou trois badauds égarés sous une nuit étoilée d'hiver. Seuls les bars et échoppes animaient la capitale. Il marcha longtemps, parcourant les ruelles, parcourant les boulevards. Son souffle fort et irrégulier laissait paraître une légère fumée et son pas lourd crissait sur la fine couche de neige. Sous son visage renfrogné, ses traits maussades et sa barbe de broussailles, se révélait un homme blessé par le chagrin.
Tout à coup, il s'enfonça dans une voie sombre et étroite pour s'arrêter au seuil d'une lourde porte. Il y frappa de grands coups et l'ouvrit. Un bar d'habitués aux allures étranges apparut alors. L'endroit fut bientôt envahi d'une fumée nauséabonde. La musique d'un genre nouveau que l'on appelait « jazz » distrayait les clients. Georges Dupuis s'assit et commanda un bock de blonde. Il alluma une cigarette, en tira quelques bouffées et fouilla son manteau. Il en sortit un petit billet, froissé et usé, s'exprimant en ces termes :
« M. Dupuis,
J'ai pour vous une somme importante, il me faudra vous rencontrer pour en discuter plus longuement. Il s'agit de l'argent de votre femme.
En attente de votre réponse.
Cordialement M. Forestier
Banque de Paris. »
A la vue de ce papier, il frémit et se rappela alors les terribles méfaits qu'il avait commis, cette vie antérieur qu'il pensait oubliée. Cette vie où il n'était pas le même, il se rappelait aussi cette nuit où tout bascula, où tout changea, où elle mourut misérablement dans la tristesse de ses enfants et l'indifférence de son mari, où il s'en voulut, cette nuit qui les tua tous les deux, l'un s'en alla, l'autre resta mais ne pouvant plus profiter de rien d'autre que de sa tristesse, que de sa torture. Il vida son bock, laissa un billet sur le comptoir et retourna, dans le froid de la nuit, à son appartement miteux.
Il se laissa tomber dans un grand fauteuil défoncé au coin de la cheminée. Il soupira et reprit la courte lettre. Il la contempla longtemps et l'imbiba de ses larmes. Seul, au milieu de cette pièce vide, aux murs suintants et au parquet grinçant, il se leva et jeta le papier au feu, étouffant un sanglot. Il alla dans sa chambre, où une de ses filles l'attendait. L'aube se leva.
Walà, si vous pouvez me donner des conseils, je suis à l'écoute :p !
